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les histoires du Petit Marcel

l’Internat

lundi 1er avril 2013, par D & M

Lorsqu’il était au lycée, c’était avant la "Révolution" … le P’tit Marcel aurait très bien pu vous compter l’histoire de l’internat… Non pas "l’internat" des futurs médecins qui, plus tout à fait étudiants, mais pas encore praticiens, exercent dans les hôpitaux… Mais tout simplement : "la pension". Celle qui est associée à l’école de Jules Ferry avec ses pensionnats austères et à la discipline sévère.

Pourtant le P’tit Marcel n’en garde pas de mauvais souvenirs. Pour lui l’internat était source d’évasion malgré (ou à cause ?...) des dortoirs avec leurs 40 lits bien alignés et faits "au carré". Des dortoirs qui sentaient "bon" la naphtaline qui couvrait parfois les odeurs de l’adolescence. Des lavabos alignés en forme de bac à laver, des douches qui n’avaient pas toujours de l’eau chaude…

La vie du P’tit Marcel, comme tous les élèves internes était rythmée par les cours, la cour de "récréation" et, bien entendu, les repas avec, après le repas du soir, une étape cruciale pour tout interne : un long passage en "étude", temps nécessaire pour faire ses devoirs mais aussi, quand ceux-ci étaient terminés, attendre, en lisant, l’heure de monter au dortoir pour la nuit.

Les distractions étaient peu nombreuses. Une fois par semaine, possibilité de participer aux "clubs" du lycée : club photo, club musique,… au cours desquels, comme leurs noms le laissent deviner, le P’tit Marcel pouvait développer des photos ou écouter des disques. Autre moment de loisir, "la" sortie du jeudi après-midi. Balade en "ville" à passer le temps en arpentant les rues, mais surtout, moment de liberté au milieu de la semaine d’internat à faire du lèche vitrine, pour en fin d’après-midi aller faire signer, chez un oncle, son "bon de sortie".

La soirée c’est également le souvenir des livres lus, une fois couché, sous les draps à la lumière d’une lampe de poche. Les friandises et le saucisson, apporté dans la valise de la semaine, que l’on mange en cachette, plus par gourmandise et volonté de braver un interdit que d’assouvir une faim.

Mais également, certains soirs, lorsque la soupape de décompression explosait, de mémorables batailles de polochon s’engageaient entre rangées de lits adverses. Le pion débordé, ne maîtrisant plus la situation, qui capitule en s’enfermant dans son boxe en attendant que le calme revienne.

Ainsi s’organisait la vie "d’interne" du P’tit Marcel, autour des cours, des moments de travail mais également de bons moments de camaraderie, privilège des internes, non partagés avec les "externes". Lieu d’apprentissage de la vie de groupe avec ses rites, prémices de ce que l’on retrouve ensuite dans les grandes écoles, et qui participent à la construction de la personnalité.

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