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les histoires du Petit Marcel

En plein Vol

mardi 30 avril 2013, par D & M

Avant l’arrivée des catamarans à "grande vitesse", les liaisons entre les îles de l’archipel guadeloupéen se faisaient en prenant les bateaux qui assuraient les liaisons quotidiennes. Plus traditionnel, c’est à bord d’un "canot saintois" que l’on traversait le canal des Saintes pour aller de Trois-Rivières à Terre de Bas. Si on était un peu pressé il fallait prendre l’avion.

En ce temps là les vols, sauts de puce d’une île à l’autre, réservaient parfois quelques surprises.

Ainsi l’atterrissage à Saint Barth est toujours très spectaculaire. La piste se déroulant en pente vers la mer, l’avion, après avoir passé entre deux mornes [1] et survolé une route en piquant, se cabre juste avant de toucher la piste… C’était dans le Twin-Otter de 17 places qui fait la liaison vers Saint-Barthélemy. Pendant la phase d’approche vers l’île, la petite fille s’exclama "Maman, j’ai peur !" et sa maman de répondre : "Moi aussi !..." Il vrai que l’avion, sans doute plus haut que d’ordinaire, fit une longue descente en piquant vers la piste. Mais comme d’habitude tout se passa bien et toute la famille pu profiter pleinement des beautés de l’île et de ses plages de sable doré.

Vers Marie Galante, les liaisons aériennes étaient assurées par un vénérable DC3 d’Air Guadeloupe qui avait sans doute déjà beaucoup volé aux quatre coins du monde. Un de ses semblables, accidenté, triste témoin de la relativité des transports aériens, rouillait à proximité des hangars de l’aéroport du Raizet à Pointe-à-Pitre…

Lors d’un vol pour aller visiter un chantier à Grand-Bourg de Marie-Galante, en pleine saison des pluies, des nuages bas et noirs bouchaient le ciel, de grosses gouttes tombaient sur la carlingue et… l’eau a ruisselé à l’intérieur de l’avion jusqu’à l’atterrissage où le DC3, à basse altitude, a fait un dernier soubresaut. L’avion survolait l’océan creusé par les alizés, une écume blanche en bordait les vagues qui roulaient vers la côte, et, juste au passage au dessus de la terre, en bout de piste, l’avion perdant de sa portance a fait une petite embardée qui impressionne toujours un peu en ces moments de tension qui précèdent le contact des roues sur le sol.

Au moment d’embarquer dans l’avion qui devait la mener pour quelques jours de vacances sur cette île encore sauvage et peu touchée par le tourisme de masse, la petite fille s’étonne : "Tiens le pilote est noir !..." Nulle arrière-pensée dans cette réflexion d’une enfant dont les camarades de maternelle s’amusaient à caresser les mèches blondes tandis qu’elle trifouillait avec ses petits doigts leurs boucles crépues.

Épilogue de ce vol "sans histoire" : balades entre champs de canne à sucre et distilleries, flâneries sur les plus belles plages de l’archipel, explorations des falaises abruptes de la côte atlantique, rencontres avec des cabrouets tirés par deux bœufs,… des vacances les doigts de pied en éventail dans le sable fin.

Portfolio

Air Guadeloupe DC3 Air Guadeloupe Twin St Barth St Barth

Notes

[1] Collines dans les îles de l’archipel caribéen.